Le cercle surcouf

Idées et débats pour sortir de l'impuissance


MANIFESTE POUR UN NOUVEAU CONTRAT SOCIAL

Notre armature sociale en France repose fondamentalement sur un mécanisme de redistribution qui est alimenté par la conjonction d’une politique fiscale et d’une politique sociale qui sont indissociables.

Le modèle social français n’a aujourd’hui plus de boussole car cette nécessaire conjonction de ces deux mécanismes s’est transformée avec le temps en un  antagonisme  qui se développe sur une trajectoire qui n’est plus clairement définie faute d’avoir pu l’ajuster à travers les décennies écoulées aux évolutions de notre société. Le Modèle social français devient de jours en jours davantage, hélas, une fiction rémanente qui est brandie comme un étendard  par une classe politique essentiellement préoccupée d’électoralisme qui s’est figée dans un immobilisme structurel irresponsable.

La fiscalité des ménages est, avec les cotisations sociales, l’un des  moteurs des mécanismes de redistribution dont notre Nation continue, sans doute à tort, de s’enorgueillir encore aujourd’hui.

Sa complexité se conjugue à celle des prélèvements sociaux dans un véritable caléidoscope opaque et instable dont les multiples facettes reflètent la sédimentation dans le temps de milliers d’ajustements  particuliers qui se sont accumulés au fil des décennies sans que l’idée même d’une simplification radicale, lisible  et enfin compréhensible n’ait germée dans la tête de nos responsables politiques de tous bords.

Ce refuge de la complexité et de l’inaccessibilité à la compréhension spontanée aura nourri à travers les ans une véritable fuite en avant parsemée  d’une multitude de petits réglages soit qualifiés de manière pompeuse de ‘réformes’ [1]soit égrenés de manière plus discrète au fil des projets de Loi de finances par des mesures techniques d’ajustement globalement incompréhensibles pour les citoyens et, pour certaines, par les parlementaires eux-mêmes.

Notre système statistique même, qui   est pourtant d’une qualité  incontestable  et irréprochable y perd parfois son latin et est contraint de présenter des données émaillées d’une multitude d’exceptions dans des périmètres souvent  partiellement limités

Aucune réforme digne de ce nom n’a vu le jour depuis plus d’un demi siècle, la discussion démocratique sur la fiscalité se résume par exemple  de manière navrante aujourd’hui à l’affrontement radical et quelque peu manichéen de deux blocs : les tenants aveugles  du ‘il faut faire payer davantage  les plus riches’ pour alimenter un système social  déjà globalement  exsangue et surtout le maintenir sous perfusion quelles qu’en soient les conséquences,  et les défenseurs d’un certain libéralisme qui renverraient assez volontiers notre certes très couteuse politique sociale actuelle à la responsabilité individuelle, en oubliant ce qui en fait nous permet de faire société. 

Notre modèle social et fiscal est aux abois à force d’avoir voulu esquiver de manière récurrente  les réformes nécessaires à l’évolution de notre société et d’avoir voulu maintenir par manque de courage politique  et  de ce fait, la fiction d’un système immuable dont l’illusion rémanente a pu être entretenue et admise grâce à un financement à crédit totalement débridé dont les effets nous menacent aujourd’hui, et  à une complexité de mise en œuvre qui relève de l’acrobatie.    

Le plus navrant est qu’aujourd’hui au pied  du mur, notre Gouvernement, qui ne dispose plus d’aucune marge de manœuvre du fait de l’accumulation de la dette dans le temps soit contraint d’endosser le costume peu glorieux de ‘petit épicier’ en recherchant laborieusement comment il pourrait encore ‘trouver 40 Milliards d’économies sur le budget de 2026’ sans être en mesure même  de simplement esquisser globalement  une véritable perspective porteuse pour notre pays. Il ne trouvera aucun consensus à cette petite échelle ou il est contraint à présent d’évoluer.

Ce qui est navrant également c’est la teneur des débats au Parlement. Ces débats se situent à cet égard encore et toujours au niveau de ‘petits réglages’ avec pourtant des positions  qui se passionnent et se radicalisent : crois ton vraiment  sérieusement par exemple  que la taxe Zucman puisse  réellement être  à l’échelle des problèmes structurels que nous rencontrons aujourd’hui ? Cette nouvelle taxe est purement  idéologique, elle flatte le fond de commerce stérile de la ‘lutte des classes’ mais ne se  situe dans aucune trajectoire d’évolution globale et de véritable réforme.

L’accumulation de petites  mesures ne fait pas une véritable politique et ne donne aucune perspective, aucune vision  pour la France, au-delà d’un colmatage d’urgence et bien temporaire de l’hémorragie budgétaire que nous connaissons.

Il est triste de constater que nos dirigeants et représentants sont  entrain de  réduire la Politique en France à de petites diatribes idéologiques  de simple mais laborieuse gestion.

Il est temps sans doute, devant l’accélération du phénomène de dégradation de notre société et de ses conséquences observables au quotidien de s’interroger pour développer enfin une nouvelle vision de notre société pour le futur.

Réviser notre modèle social et fiscal est devenu vital : il s’agit de reconstruire en priorité  avec les Français les premiers degrés de la pyramide de Maslow de notre société qui sont gravement fragilisés et endommagés.

Ces premiers degrés sont  essentiels car ils sont la condition préalable et incontournable des grands équilibres de notre société dont ils sont l’armature : tout le reste en découle.

Redéfinir ces premiers degrés de la pyramide de Maslow de notre société française nous permettra de sortir enfin de cette impuissance institutionnelle sourde qui consiste à ne traiter les problèmes que par ‘appartements’  et par simple accumulation au gré des circonstances sans vision du Tout et du devenir de ce dernier.

Avant de se lancer de manière débridée sans vison du Tout  comme aujourd’hui  sur ‘ce qu’il faut ou faudrait  faire’ dans tous les domaines comme le fait actuellement la classe politique, il faut préalablement s’interroger sur le ‘pour aller où ?’ dans le cadre d’un grand  modèle de société défini et adapté enfin aux évolutions contemporaines.

-Nous proposons de réfléchir à un grand ‘Reset’ de l’indécente complexité impuissante qui confisque aujourd’hui la démocratie en perpétuant une dégradation accélérée de notre Société, pour rebâtir les fondements de notre contrat social

-Nous proposons, avec la réforme des institutions, de revoir de concert nos mécanismes fiscaux et sociaux pour accompagner  notre contrat social sous le contrôle des électeurs.

-Nous sommes conscients que cette démarche, si elle était démocratiquement adoptée, pourra avoir certains  effets de bords mais que ces derniers sont inévitables pour préserver et améliorer l’Essentiel. Ces effets de bords marginaux  ne doivent pas, comme c’est le cas aujourd’hui dans la classe politique, servir de prétexte à un immobilisme coupable, retardateur et paralysant : ils doivent être assumés et globalement démocratiquement validés en toute transparence.

Le Cercle Surcouf qui n’a pour ses membres aucune ambition politique en termes de mandats mettra progressivement en ligne et  à la disposition de la classe politique ses réflexions ainsi que les éléments objectivés qui les sous-tendent et conditionnent leur faisabilité.

Nous espérons pouvoir bénéficier du soutien et de l’adhésion  de nos concitoyens pour cette démarche désintéressée  afin de contraindre  grâce à eux la classe politique à enfin bouger et à faire preuve de responsabilité à bon niveau.

Que les partis politiques de gauche, du centre, de droite, du haut ou  du bas puissent s’approprier tout ou partie de nos travaux serait pour nous la seule et juste récompense pour les efforts que nous allons déployer au seul service de la France …et pour le reste : que le meilleur de ces partis gagne en 2027 !!!