Le Président des États-Unis dans sa préface à la stratégie nationale publiée le 5 décembre a donné le ton en employant le terme de civilisation pour stigmatiser ou réveiller l’Europe selon la lecture que les uns et les autres peuvent avoir de ce document.
La civilisation qui revient en boucle dans les éditoriaux et les ouvrages de ces 12 derniers mois. La civilisation dont nous sommes, chaque citoyen de notre pays et de l’Europe les détenteurs des vertus et des valeurs, si longtemps oublié et qui reviennent en force en raison de la dégradation de notre pays comme de notre continent.
Il nous appartient individuellement et collectivement de nous réapproprier notre culture, nos traditions comme nos savoirs faire et être pour ne pas sombre dans l’inconnu ou la sujétion à d’autres valeurs que les nôtres. Il nous appartient de les défendre. Ils sont le produit de notre histoire, de notre géographie, de nos racines grecque, romaine et judéo-chrétienne.
Après avoir voulu dans une œuvre messianique transposer ces valeurs au monde en ignorant les cultures et civilisations que nous entendions assujettir à la nôtre, nous sommes aujourd’hui en passe de perdre notre marque civilisationnel, fondue, engloutie dans une mondialisation qui n’a jamais été heureuse comme l’avançait ses thuriféraires et apôtres frappé du sceau de cécité et de contentement. Ils versaient là aussi dans la croyance du succès de nos valeurs sur la marche du monde. Une erreur d’analyse et de jugement qui nous payons chèrement aujourd’hui. C’était ignorer le retour des puissances et des empires manifestation du ressenti des autres civilisations qui se sont remises en marche sans avoir oublié leurs racines. L’enracinement cher à Maurice Barrès, dont les constats et la nécessité ont été adapté à la sortie de la deuxième guerre mondiale par la philosophe Simone Weil qui analyse les failles du monde moderne et la décomposition de la société contemporaine sous ses trois aspects successifs du déracinement ouvrier, du déracinement paysan et du déracinement relatif à la nation avant de préciser les conditions à remplir pour un réenracinement des peuples au sortir du conflit dévastateur. L’enracinement est essentiel à nos vies dans une société en quête de repères, pour peu que l’on veuille qu’elles aient un sens au-delà du seul consumérisme qui a limité notre libre arbitre et notre horizon en les réduisant à la seule jouissance de la satisfaction immédiate au dépend de l’avenir collectif .
Il appartient aux citoyens de faire les choix qui s’imposent dans un monde de plus en plus incertain, en élisant des représentants tant au niveau local que national et européen qui s’ engageront à ranimer la flamme de nos valeurs.
Il nous faut un cap fixant notre avenir et sortir de la tyrannie de l’urgence et des éléments de langage concoctés par des communicants, marchands de phrases toutes faites. Les candidats aux élections de toute nature doivent sortir de la soute et monter sur la passerelle pour prendre les commandes. Il doivent se réapproprier la géographie et l ‘histoire de notre pays et s’inscrire dans un continuum historique en affrontant la réalité de notre époque. Ils doivent répondre aux aspirations du peuple, à ses craintes comme à ses espoirs. Nous avons un besoin urgent de réindustrialiser le pays, de remettre la recherche au centre de nos préoccupations, de refondre la formation et l’éducation, de proposer un nouveau contrat social et d’assurer la sécurité des biens et de personnes à l’intérieur comme aux frontières nationales et européennes par une vraie politique d’immigration claire et sans compromissions, et de défense autonome.
Cela suppose de redéfinir les fondements de l’Union européenne, aujourd’hui inadaptés aux enjeux de ce siècle en tenant compte des bouleversements mondiaux depuis la chute du mur de Berlin. Nous nous en sommes tous réjouis à juste titre sans tirer les leçons de la nouvelle configuration que l’évènement engendrait.
2026 doit être l’année du redressement.. A défaut elle pourrait être celle de l’accélération de notre déclin. Entre l’universel et le civilisationnel, commençons par le civilisationnel en regardant franchement ce nouvel ordre mondial construit par des empires qui nous imposent leur domination. Nous n’avons pas vocation à être dominé ! Notre aveuglement a été total par l’ignorance de l’histoire et des cultures des autres civilisations. Nous n’avons que trop vécu dans un monde ancien que nous avions cru immuable. Notre conformisme et nos egos nous ont endormi sur des lauriers qui ne sont plus que des couronnes d’épines. L’heure est au réveil et à la mobilisation. Puissions nous sortir de ces combines politiciennes et avoir des dirigeants qui se dressent. Ce sont les vœux que nous faisons pour cette année 2026, l’année de tous les dangers comme de tous les espoirs !

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