MUNICIPALES 2026, UNE DÉMOCRATIE EN TROMPE L’ŒIL OU  REGAIN DE LA DÉMOCRATIE LOCALE

MUNICIPALES 2026, UNE DÉMOCRATIE EN TROMPE L’ŒIL OU  REGAIN DE LA DÉMOCRATIE LOCALE ?

          Une seule liste sera présente dans 68 % des communes (23 700 communes).  Il n’y aura qu’un seul tour.  Dans 8 000 communes, il y aura deux listes en lice. Celles-ci seront donc également forcément élues dès le premier tour avec 100 % des voix, puisque le résultat est prononcé à partir des voix valablement exprimées, sans tenir compte des bulletins blancs et nuls.  Il n’y aura, dans la plupart des cas, pas besoin de second tour, puisqu’il y a de très fortes chances qu’une des deux listes obtienne plus de 50 %.

          Sur la base de ces données fournies par le Ministère de l’Intérieur, il est légitime de s’interroger sur l’état de l’engagement et de la démocratie dans notre pays. Imaginons qu’il n’y ait qu’un candidat aux élections législatives et mieux encore à l’Élection Présidentielle ? Ce serait assimilable à un coup d’état. Qu’en est-il de la commune , premier échelon, maillon de la démocratie. Plusieurs constats s’imposent qui ne sont pas abordés par les commentateurs, lesquels préfèrent se polariser sur la participation qui sera en hausse par rapport à 2020, année de COVID. La bonne comparaison devra se faire au regard des élections de 2014.

          La révision du mode de scrutin dans les communes de moins de 1 000 habitants en supprimant le panachage, en généralisant le scrutin de liste paritaire, pour vertueuse qu’elle soit ne contribue pas nécessairement à l’amélioration de la démocratie locale. Va t-elle contribuer ou non au désengagement citoyen pour la présentation de candidats?  Au-delà de la seule difficulté de constituer des listes complètes et paritaires, le scrutin de liste dans les communes de moins de 1 000 habitants où les frais de campagne ne sont pas remboursés ni pris en charge, devait assurer une lisibilité et une cohérence dans les équipes appelées à gérer les communes par opposition à des équipes municipales aux majorités hétéroclites.. Mais l’avantage du panachage permettait un choix entre différents candidats, ce que ne laisse plus le scrutin de liste avec l’absence de choix dès lors qu’une seule liste se présente aux suffrages dans 68 % des communes. Cette absence de choix peut affaiblir des exécutifs élus avec un minimum de voix, n’ayant pas fait  campagne voire ayant fait des propositions à minima et se retrouvant à terme sans légitimité réelle vis à vis de leur population. L’abstention et les votes blancs ou nuls seront intéressants à comptabiliser et à commenter. La suppression de la règle des 25 % de suffrages pour être élu va donner une autre signification aux votes blancs ou nuls et la comptabilisation de ceux-ci va être de nouveau un sujet. Ils peuvent traduire un désaccord avec la liste unique présente et une réelle motivation à venir voter et faire entendre sa non adhésion aux propositions faites par celle-ci. Une liste unique élue avec un minimum de suffrages peut constituer un danger pour la démocratie et les élus eux-mêmes. Si le résultat ne saurait être contesté la légitimité des élus pourra l’être en cours de mandat, le lien élus /électeurs étant très ténus.

           La démocratie suppose le choix. Le choix entre plusieurs candidats permet de se faire une opinion entre plusieurs options, plusieurs visions tant en terme de gouvernance que de projets. Si les élus peuvent se réjouir d’être élus , les difficultés seront devant eux faute de débat et d’alternative, et ce, d’autant que l’autorité des élus est régulièrement remise en cause.  Les  élus devront plus que jamais assurer une proximité renforcée et associer les citoyens à leurs projets. A défaut, ils pourraient être accusé de dogmatisme et de gestion plus personnelle que d’intérêt collectif. Mais soyons optimiste, peut-être que la réforme du mode de scrutin municipal contient les gènes du renouveau démocratique dans les communes ? L’avenir nous le dira.



Laisser un commentaire