Tenter d’enterrer le rapport parlementaire sur l’audiovisuel public serait une atteinte à la démocratie.

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Tribune — Un rapport parelementaire ne se cache pas. Jamais. Le publier n’est pas une option : c’est une obligation démocratique absolue

Il faut le dire sans détour : empêcher la publication d’un rapport financé par l’argent public est une faute démocratique. Pas une maladresse. Pas un choix stratégique. Une faute. Car un rapport commandé par l’Assemblée nationale, produit grâce à des moyens publics, n’appartient pas à ceux qui l’ont commandé. Il appartient à celles et ceux qui l’ont financé : les citoyens.

Ce rapport sur l’audiovisuel public n’est pas un document interne que l’on pourrait ranger dans un tiroir. Il est le résultat d’auditions, d’analyses, d’expertises, de semaines de travail menées au nom de l’intérêt général. Chaque heure de travail, chaque page produite, chaque recommandation formulée a été payée par la collectivité. Dès lors, la collectivité a un droit inaliénable : celui d’y accéder.

Et surtout, il faut marteler ceci : la publication est impérative, que l’on adhère ou non à ses conclusions. On peut trouver ce rapport brillant ou discutable, courageux ou insuffisant, visionnaire ou dépassé. On peut le saluer, le critiquer, le contredire, le démonter. C’est même le but. Un rapport public n’a pas vocation à être un texte sacré. Il a vocation à être un point de départ. Une base commune. Un terrain de débat.

Mais un débat ne peut pas naître d’un document invisible.

Tenter de contourner ce rapport par un simple vote, c’est nier la fonction même du travail parlementaire. Un vote peut décider d’une orientation politique. Il ne peut pas effacer un diagnostic. Il ne peut pas faire disparaître un état des lieux financé par tous. Il ne peut pas annuler un travail qui, par nature, doit éclairer la décision, non être effacé par elle.

Refuser la publication, c’est envoyer un message dévastateur : celui selon lequel l’Assemblée nationale pourrait mobiliser des moyens publics pour produire un document… puis décider que le public n’a pas à le lire. C’est une rupture de confiance. Une rupture de transparence. Une rupture de principe.

Et ce principe est simple, brutal, indiscutable : dans une démocratie, la lumière n’est pas négociable.

L’audiovisuel public est un pilier du pluralisme, de l’accès à l’information, de la culture partagée. Le rapport qui le concerne engage l’intérêt général. Le cacher, c’est affaiblir la démocratie. Le publier, c’est la respecter.

On peut aimer ce rapport ou le détester. Mais on ne peut pas l’enterrer.

La démocratie ne se gouverne pas dans l’ombre. Elle se gouverne à découvert. Et ce rapport doit être rendu public sans atermoiements.


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