Pour une France réconciliée avec sa démocratie

Un modèle social commun pour faire nation. Des politiques publiques différenciées pour faire démocratie.

La France ne souffre pas d’un manque de réformes.

Elle souffre de ne plus savoir ce qui doit demeurer et ce qui doit pouvoir changer.

À chaque élection, nous remettons en cause les fondements du pacte social. À chaque alternance, une majorité prétend reconstruire ce que la précédente avait commencé à défaire. À chaque crise, l’État ajoute un dispositif, une exception, une dépense.

Le système se complexifie.

La dépense augmente.

La confiance recule.

Nous confondons deux questions pourtant essentielles.

Qu’est-ce qui nous unit ?

Que voulons-nous faire ensemble ?

La première relève de la nation.

La seconde relève de la démocratie.

Une nation ne peut pas renégocier son socle à chaque scrutin. Elle a besoin d’un pacte social suffisamment clair, juste et durable pour survivre aux alternances.

Ce socle doit être un modèle social universel.

Non plus un maquis de régimes particuliers, de niches, de statuts et de privilèges accumulés.

Mais un contrat compréhensible par tous.

Des droits garantis.

Des devoirs assumés.

Des règles communes.

Une protection réelle contre les accidents de la vie.

Une contribution équitable à l’effort collectif.

Un financement soutenable et transparent.

Ce modèle social ne doit appartenir ni à la droite, ni à la gauche, ni au centre.

Il doit appartenir à la France.

Une fois ce socle établi, la démocratie peut enfin retrouver sa fonction : choisir.

Choisir une politique industrielle, éducative ou énergétique.

Choisir des priorités budgétaires, territoriales ou écologiques.

Choisir un niveau de dépenses, d’investissement et d’intervention publique.

Choisir, surtout, en connaissant le prix de ses choix.

C’est là que les partis deviennent indispensables. Non pour redéfinir sans cesse le pacte national, mais pour proposer des chemins différents à l’intérieur d’un cadre commun.

Le modèle social doit rassembler.

Les politiques publiques doivent différencier.

Le premier fonde l’appartenance.

Les secondes permettent l’alternance.

Le premier donne sa stabilité à la nation.

Les secondes donnent son mouvement à la démocratie.

Aujourd’hui, nous faisons l’inverse.

Nous nous déchirons sur ce qui devrait nous unir et nous éludons les choix qui devraient nous départager.

De cette confusion naissent les promesses sans financement, les droits sans responsabilités, les dépenses sans résultats et les réformes sans lendemain.

Cela doit cesser.

Toute promesse doit être financée.

Toute politique doit être évaluée.

Tout échec doit être corrigé.

Tout gouvernant doit rendre compte.

La démocratie n’est pas un concours de générosité fictive. Elle est une confrontation de solutions, de priorités et de résultats.

La France n’a donc pas besoin d’une nouvelle couche de compromis.

Elle a besoin d’une nouvelle règle du jeu.

À la nation de garantir le socle commun.

À la démocratie de trancher les choix collectifs.

Aux gouvernants d’assumer leurs décisions.

Aux citoyens d’en mesurer les conséquences.

Il faut sortir de l’impuissance organisée, des demi-réformes et des promesses financées par les générations suivantes.

Il faut garantir ce qui protège chacun, débattre de ce qui engage tous et évaluer ce qui est décidé en notre nom.

Un modèle social commun pour refaire nation.

Des politiques publiques différenciées pour refaire démocratie.

L’unité sur l’essentiel. Le choix sur le reste. La responsabilité partout.

La France ne retrouvera pas confiance dans sa démocratie en promettant davantage. Elle la retrouvera lorsque la nation garantira enfin le socle, que la démocratie permettra réellement le choix et que le pouvoir sera contraint de répondre de ses résultats.



2 réponses à « Pour une France réconciliée avec sa démocratie »

  1. Avatar de Diquet
    Diquet

    Encore faudrait-il tirer des conséquences des évaluations. Exemple : l’évaluation sur l’impact de la suppression de l’ISF

    1. Ce n’est pas exactement le sujet , mais tu as raison l’évaluation (indépendante) devrait être au coeur de tout

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