
Les partis se disputent le pouvoir.
La nation, elle, porte l’Histoire.
Lorsque l’ambition des premiers l’emporte sur le destin de la seconde, ce n’est plus la France qui guide les partis. Ce sont les partis qui égarent la France.
Or la France ne peut être réduite à un marché électoral, à une coalition d’intérêts ou à la victoire provisoire d’un camp. Elle est une continuité, une volonté et une promesse. Elle ne tient que parce que des générations successives acceptent de placer quelque chose au-dessus de leurs préférences immédiates : le bien commun.
Une majorité peut gouverner.
Elle ne suffit pas à faire une nation.
Une élection peut désigner un vainqueur.
Elle ne suffit pas à tracer un destin.
Le véritable enjeu n’est donc plus de savoir quel parti remportera la prochaine échéance. Il est de savoir si la politique française est encore capable de produire une ambition plus haute que les intérêts de ceux qui la pratiquent.
Car lorsque chacun ne parle plus qu’à son camp, personne ne parle plus au pays.
Lorsque chacun cherche à vaincre, plus personne ne cherche à unir.
Et lorsqu’une nation cesse d’être plus grande que ses divisions, elle entre déjà dans le déclin.
L’Histoire est sans appel : les peuples qui ne savent plus se rassembler finissent toujours par être rassemblés par les épreuves.
Les partis sont nécessaires à la démocratie.
Mais ils ne sont pas la France.
Ils passent. Elle demeure.
Encore faut-il qu’ils se souviennent qu’ils existent pour la servir, et non pour se servir d’elle.
La question n’est donc plus de savoir qui parlera au nom d’un camp.
La question, désormais, est de savoir qui aura encore assez de hauteur, de courage et de France en lui pour parler au nom de tous.
Qui parle encore pour la France ?
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