Assez de théâtre. Réparons l’école.

Une loi de programmation pour l’Éducation nationale : des moyens garantis, des résultats exigés.

À chaque crise dans un collège ou un lycée, la France rejoue la même comédie.

La droite réclame l’autorité.

La gauche réclame des moyens.

Les syndicats réclament des postes.

Les gouvernements annoncent une réforme.

Puis rien ne change.

Pendant que les adultes s’affrontent, les élèves attendent.

Une étude du Cercle Surcouf montre pourtant qu’en prenant au sérieux les objectifs officiellement assignés à l’école, remplacement des absences, stabilité des équipes, encadrement éducatif, sécurité des établissements et continuité des enseignements, l’effort supplémentaire nécessaire atteint environ dix milliards d’euros par an. Cette estimation transforme une revendication souvent caricaturée en besoin objectivé. Le véritable débat n’est donc plus celui des slogans.

La question est de savoir si la Nation accepte ou non de financer les missions qu’elle prétend exiger de son école.

Mais il existe une condition tout aussi essentielle.

Pas de moyens sans résultats.

Pas de résultats sans moyens.

C’est pourquoi l’école mérite une loi de programmation nationale.

Personne n’imaginerait construire une armée, une filière nucléaire ou une politique spatiale à coups d’arbitrages annuels et de décisions improvisées. Pourquoi continuer à gérer ainsi l’institution qui prépare l’avenir du pays ?

Les moyens nécessaires doivent être garantis sur une trajectoire pluriannuelle claire, votée par le Parlement et protégée des alternances politiques. En contrepartie, l’Éducation nationale doit rendre compte chaque année d’objectifs publics et mesurables : remplacement des absences, maîtrise des savoirs fondamentaux, réduction du décrochage, climat scolaire et réussite des élèves.

L’autorité seule ne suffira pas.

L’argent seul ne suffira pas.

La France doit enfin sortir de cette opposition stérile.

L’école a besoin d’investissements durables et d’une obligation de résultats tout aussi durable.

Le reste n’est que bruit politique.

Et cela fait trop longtemps que ce bruit couvre l’essentiel : l’avenir de nos enfants.



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