
Défendons l’État de droit.
Mais défendons-le pour ce qu’il est : le rempart du citoyen contre l’arbitraire du pouvoir, pas le rempart du système contre la volonté du peuple.
Sans État de droit, la démocratie peut mourir de l’abus de pouvoir.
Sans souveraineté effective, elle peut mourir autrement : de l’impuissance du peuple.
Car une démocratie ne disparaît pas seulement lorsque l’on interdit de voter.
Elle s’éteint aussi lorsque l’on peut encore voter, changer de majorité, renverser un gouvernement, élire un Président, mais que l’on découvre progressivement que le vote ne permet plus de changer ce qui gouverne réellement nos choix.
Alors le bulletin demeure.
L’alternance demeure.
Les institutions demeurent.
Mais la souveraineté s’efface.
Voilà pourquoi l’équilibre doit être inflexible :
Le peuple ne doit pas être au-dessus du droit.
Le pouvoir ne doit pas être au-dessus du droit.
Le juge ne doit pas être au-dessus de la souveraineté constituante.
Chacun sa fonction.
La majorité gouverne. Le juge contrôle. Le peuple constitue.
Et aucun gardien ne doit pouvoir s’approprier la maison qu’il était seulement chargé de garder.
Car au fond, toute démocratie repose sur une question extraordinairement simple :
Qui a le dernier mot ?
Ni le Président.
Ni le Gouvernement.
Ni le Parlement.
Ni le juge.
Ni même une majorité passagère.
Le dernier mot appartient au peuple lorsqu’il redevient constituant et décide, dans les formes les plus exigeantes de la démocratie, des règles auxquelles il choisit lui-même d’obéir.
C’est cela, la souveraineté.
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